Résidence LAC

Les résidentes 2023

Dans le cadre d’une résidence interdisciplinaire, nous soutenons des pratiques souvent silenciées dans le champ de l’art et de la recherche. Nous mettons une emphase particulière à l’accompagnement des artistes et chercheureuses engagé.es dans des enjeux de justice sociale, de luttes aux discriminations, tout comme la reconnaissance des cultures minorées, particulièrement les cultures LGBTQI+.

En partenariat avec les Beaux Arts de Nantes-St Nazaire, l’Université de Nantes (Cluster GENDER) et Pol-n.

La résidence LAC (Laboratoire d’Apprentissages Collaboratifs) vise à offrir un espace favorable au développement de la recherche et de la création en stimulant les dialogues entre étudiant.es et artistes engagé.es dans une démarche critique et réflexive. Les résident.es ont comme point commun un engagement  relatif aux enjeux de cultures et militances féministes et queer, aux discriminations systémiques, tout comme une vigilance pour la  justice sociale et environnementale. La résidence encourage les prises de risques individuelles et collectives.

Elle propose un espace parallèle aux études en cours (Beaux-Arts, Université) propice aux échanges interdisciplinaires, aux expérimentations, en marge d’objectifs de production ou de monstration.

Les résident.es seront mis.es en contact avec des professionnel.les invité.es dans une visée de professionnalisation, de mise en réseau et pour compléter leur apport en outils historiques, théoriques et culturels.

La résidence s’échelonne, pour cette année pilote, de octobre 2022 à juin 2023 au cours desquels s’alterneront des temps de recherche collectifs et individuels, des rencontres d’acteurices extérieur.es (workshops et entretiens), des actions de mise en réseau, des cessions de travail organisées par le comité d’accompagnement, ainsi que des temps de création et d’expérimentations.

Comité d’accompagnement

ZIGGY ADAM est activiste et chercheur indépendant.  Il  s’intéresse aux formes du militantisme queer sous l’angle des pratiques artistiques. Il mêle ainsi son militantisme à sa formation en histoire de l’art et gestion de l’art contemporain. Sa thèse, intitulée Praxis Queer, se penche plus particulièrement sur les groupes queers français et espagnols qui ont recours à des pratiques artistiques dans un but politique.

GERALDINE GOURBE est philosophe, critique et commissaire d’art. Elle est spécialiste de la scène artistique de la Californie du sud, de l’histoire des pédagogies radicales et du féminisme inclusif. Elle a enseigné la philosophie de l’art à l’ENSAD, l’Université de Metz, Sciences Po Paris, aux Beaux-arts de Marseille et d’Annecy. Elle a signé en 2018 une exposition à la Villa Arson autour de l’œuvre de Judy Chicago et de la côte Ouest dans les années 60, intitulée « Los Angeles, les années cool ». Depuis 2015, elle œuvre à une contre-lecture de l’histoire des idées et de l’art de la France de 1947 à 1989 en partenariat avec l’historienne de l’art Florence Ostende. Cette recherche a donné lieu au commissariat de la première édition de la Triennale d’art et de design de Dunkerque Gigantisme. Elle co-signe avec Hélène Guenin l’exposition au Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice She Bam Pow POP Wizz : les amazones du Pop, 2020/21.

JEANNE MENGUY,après son Master d’histoire contemporaine, s’oriente vers les métiers de la culture et fait ses premières armes à Lille-Capitale européenne de la culture avant de prendre la direction du Théâtre Massenet où elle développe une ligne artistique tournée vers les écritures contemporaines et les formes performatives à la croisées disciplines. Souhaitant enrichir sa pratique, elle intègre le programme du Relais Culture Europe “I-Team / Innovation sociale et culturelle en Europe” afin d’appréhender les réseaux créatifs européennes et se nourrir d’expériences et d’expérimentations en cours chez ces partenaires.  En septembre 2019, elle rejoint la Région Pays de la Loire pour développer un nouveau projet dans le site patrimonial des anciens bains-douches de Saint-Nazaire : Bain Public – lieu de création Arts de la scène, d’expérimentation et de transmission.

VALERIE ROLLE est maître de conférence en sociologie de la culture et des arts à Nantes Université. Elle a enquêté sur divers secteurs culturels ou artistiques sous l’angle du travail. Elle s’est notamment interrogée sur les questions suivantes : comment s’opère le passage à l’art d’une activité artisanale ou commerciale et quelles subdivisions en découlent ? Quelles formes de dominations et d’inégalités le travail par projets occasionne-t-il sur les artistes ? En quoi les professions artistiques préfigurent-elles les recompositions actuelles du salariat, auquel elles ont justement échappé ? Quelles hiérarchies de valeurs (monétaires et symboliques) les marchés de l’art produisent-ils ? Elle s’intéresse, actuellement, aux effets de la délégation de la fabrication des œuvres sur les relations de travail.

Résident-es:

Artistes et étudiant-es aux Beaux Arts de Nantes-Saint Nazaire: Eugénie Zely, Lily Hook (q’Amar), Nicolas Frachisse, Tangui Le Boubennec, Sam Duchene.

Etudiant-es à lUniversité de Nantes (Master Etudes sur le genre et MISAC): Manon Garandeau, Mahaut Huet, Claire Morice.

Workshop N.1: Stratégies de queerisation de la recherche, avec Ziggy Adam

Jeudi 10 novembre 2022, Beaux Arts de Nantes-St Nazaire

L’université, les écoles d’art, sont des structures en tension entre exigence disciplinaire et critique des méthodologies. Les points de vus situés, minoritaires, permettent de conscientiser ce rapport à l’institution. Dans une relation de « Je t’aime, moi non plus », il est possible de réfléchir à de nouvelles formes de savoirs. Les groupes militants queers élaborent des stratégies de construction et de transmission des connaissances qu’il est possible d’intégrer dans un travail de recherche. Du sit-in au mémoire il n’y a alors qu’un pas. Mais qu’est-ce que c’est, une recherche queer à l’université ? Comment sont énonciation est-elle conditionnée ? Ce workshop propose des pistes de réflexion sur ce que peut signifier une « recherche militante », comment la mener avec et en milieu militant, comment valoriser des savoirs non-universitaires au sein de l’université. Il s’agira autant de réfléchir ensemble à ces enjeux que de soulever les pièges de cette démarche.

Workshop N.2: Le flouz’ et l’art, avec Géraldine Gourbe

Vendredi 10 février, Beaux-Arts de Nantes-St Nazaire

Pendant les premières semaines de confinement en 2020, plusieurs travailleur.se.s de l’art se sont mobilisé.e.s pour penser l’absence de rémunération qui se profilait. Certain.e.s (membres de collectifs en lutte comme art en grève ou d’espace de résistance comme radio Galoche) ont élaboré des outils pour conscientiser notre rapport intime, symbolique et social à l’argent. Ce travail d’enquête, à la fois introspectif et collectif, leur ont permis, entre autres choses, de mettre en place des plateformes de mutuelle à Marseille, Lyon et Nancy par exemple…afin de prendre soin des plus précaires. 

Les discussions et les actions spécifiques autour des usages de l’argent, dans ce contexte précis de la pandémie et d’un vacillement des politiques culturelles, ont révélé les défaillances d’une approche égalitaire des genres entraînant l’activation fertile de nouvelles convergences art et activisme.

Cet workshop présentera brièvement les outils et réflexions mis en place par les différents collectifs féministes et queers ; puis s’orientera vers une discussion ouverte.